Le BLOG

Espace d’expression libre des membres du collectif

Sur cette page, on tente un espace d’expression libre à titre individuel ou collectif des membres du collectif Talence en Transition.

#je ne repartirai pas comme avant

 

La crise du COVID incite à se préparer à la mutation climatique.
Nous sommes en confinement, sorte de réclusion obligée mais consentie. Ce confinement et ses circonstances nous forcent à changer notre rapport au monde. Chacun perçoit soudain qu’il est possible de ralentir son rythme de vie et de réduire sa consommation à l’essentiel. Nous apprenons à patienter, à ne pas chercher à acquérir le dernier gadget et finalement à nous passer du superflu.
Plus largement, notre société apprend à se mettre en pause, avec les problèmes économiques et sociaux que cela cause, mais nous apercevons aussi des bénéfices secondaires (diminution de la pollution, baisse de la consommation d’hydrocarbures, baisse de la consommation d’électricité et du bruit ambiant, etc.).
En ce moment nous disposons de temps pour lire, écouter, voir et penser. On entend et on lit le début de réflexions sur les origines, les causes, peut-être les responsabilités de cette pandémie ; mais je crois que nos réflexions et nos idées doivent se tourner vers de nouvelles perspectives : la sortie de cette réclusion et l’avenir.
Que faire ? Attendre devant la télé la fin du confinement et la libération ? espérer que le virus passe à côté de nous sans nous atteindre ? pour ensuite sortir soulagés et respirer enfin à nouveau et profiter de notre chère liberté retrouvée ? ou tentons-nous autre chose ?
Ces journées que nous passons espacés les uns des autres peuvent aussi avoir des conséquences positives. Soyons opportunistes, et profitons-en pour préparer dès maintenant le futur.
Un grand nombre d’intellectuels prennent actuellement la parole pour proposer un profond changement de direction. Je citerai Bruno LATOUR, Dominique MEDA, Christian de PERTHUIS, etc. Beaucoup d’entre eux citent en exemple la santé pour tous, née des décombres de la seconde guerre mondiale.
Il est temps de construire un autre modèle de société, basé sur la sobriété, la justice sociale et la reconnaissance du travail du soin, au lieu de se précipiter à nouveau pour foncer dans le mur.
Là, ça devient passionnant.
Nous pouvons, et devons, tout d’abord réfléchir à notre propre sortie du confinement. Allons-nous repartir comme avant ou plus encore pour compenser cette période de privations ?
J’ai décidé de préparer ma sortie en étant attentif à l’impact de mes actions.
Mais ça ne suffit pas. Je ne changerai pas le monde parce que je ne changerai pas ma voiture ou me refuserai à acquérir un nouvel iPhone. Ne serait-il pas intéressant que, forts de nos prises de conscience individuelles, nous rassemblions nos forces pour en faire un mouvement fort et influent ?
Même s’ils n’ont pas su transformer l’essai en refusant tout modèle de représentation, les gilets jaunes nous ont montré la capacité des réseaux sociaux à rassembler. Les chinois de Hong-Kong les ont utilisés massivement en défiant les autorités et en occupant la rue.
Utilisons-les, nous aussi, pour qu’un mouvement massif puisse partir de la base.
Si vous adhérez à cette réflexion, si vous êtes prêts à changer votre façon de consommer, à penser votre avenir immédiat autrement et à ne plus participer à cette course folle, je vous propose de réfléchir à des opinions et des actions individuelles, de les tisser en commun.
Puis faire savoir nos choix, nous engager sur des actions personnelles qui pourront avoir valeur d’exemples…
En conclusion, mais j’espère que ce n’est qu’un départ
Je ne repartirai pas comme avant.

Talence, le 7 avril 2020

Claude Kojchen